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Un livre commis pour « contrebalancer » le déséquilibre scientifique entre recherches anglophone et francophone

par - 27 janvier 2011

Le livre ‘’Les traites et les esclavages. Perspectives historiques et contemporaines’’, paru chez Karthala, est, selon un de ses auteurs Paul E. Lovejoy, ‘’une contribution majeure pour tenter de contrebalancer’’ le déséquilibre scientifique entre les publications en anglais et celles en français.

‘’Bien qu’il existe une littérature en pleine expansion en portugais, en particulier au Brésil, ainsi qu’en espagnol, la plus grande partie de cette abondante production scientifique a été publiée en anglais’’, constate Lovejoy dans la préface de son livre.

Ce professeur au département d’histoire de l’Université de New York relève que ‘’malgré l’apport essentiel des ‘Cahiers des anneaux de la mémoire’, la recherche en français est restée marginale’’.

Fruit d’un ‘’travail collectif mené au sein du Centre international de recherche sur les esclavages’’, ce livre ‘’combine (…) des approches historiques et archéologiques avec des analyses plus contemporaines (anthropologiques, sociologiques, géographiques, littéraires)’’.

Il a été réalisé sous la direction de Myriam Cottias, directrice du Centre national de recherche scientifique (CNRS), d’Elisabeth Cunin, chargée de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et d’Antonio de Almeida Mendes, maître de conférence à l’Université de Nantes, en France.

Dans l’introduction, ces derniers précisent que le livre ‘’s’intéresse à l’espace transatlantique, mais aussi à l’Afrique, l’océan Indien et l’Europe’’ et ‘’ne cherche donc pas à donner une vision homogène et consensuelle de cette problématique, ni même à produire une synthèse sur la question des esclavages et des traites’’.

D’après eux, ‘’ce livre est avant tout polyphonique et souhaite rendre compte de la diversité – en termes de thématique, d’aire géographique, d’époque étudiée, d’angle d’analyse – des travaux contemporains en France et dans le monde francophone’’.

‘’Il fait appel à des chercheurs ayant contribué à la fondation ou à la reconnaissance de ce champ d’études tout autant qu’à de jeunes chercheurs en cours de thèse ou venant de l’achever et apportant un regard nouveau’’, poursuivent-ils, soulignant qu’’’il repose sur des textes donnant une vision d’ensemble d’une thématique aussi bien que les résultats de recherches individuelles sur des objets très précis’’.

‘’Telle est l’ambition de cet ouvrage : montrer la multiplicité des approches tout en identifiant des problématiques fortes, accepter la complexité des processus sociaux étudiés tout en dégageant un cadre interprétatif possible’’, écrivent-ils encore.

Aussi ont-ils tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas de ‘’faire un bilan exhaustif, par aire géographique, par époque ou même en reprenant les thématiques généralement associées à l’esclavage’’.

‘’[…] Nous avons voulons montrer avant tout les grandes avancées de la recherche francophone et mettre en lumière de nouvelles pistes de recherche qui se dégagent actuellement’’.

Précisant que ‘’l’ouvrage suit une présentation originale et dynamique’’, les chercheurs affirment qu’ils souhaitent ‘’ainsi échapper aux représentations trop souvent associées à l’esclavage […] renvoyant à un système économique obsolète et faisant des esclaves des sujets passifs, d’éternelles victimes, ancrés dans le passé’’.

Ils disent aussi vouloir, à travers cet ouvrage, ‘‘rappeler à quel point l’esclavage pose des questions spécifiques, certes, mais qui concernent avant tout les dynamiques sociales dans leur ensemble’’.

‘’L’approche retenue ici privilégie donc une logique dynamique, donnant un rôle central aux acteurs, au premier rang desquels se trouvent les esclaves eux-mêmes […]. Elle considère également que les esclavages et les traites participent de la construction de la modernité […], en associant l’histoire de l’Occident avec celle de l’esclavage’’, expliquent les auteurs.

Cette approche du livre ‘’insiste sur les +conséquences+’’ de l’esclavage et des traites dans la formation des sociétés contemporaines, en termes de +mémoire+, mais aussi en raison de l’établissement de rapports sociaux de +race+ et de processus de racisation’’.

Dans la postface de l’ouvrage, l’historien sénégalais Ibrahima Thioub note que ‘’l’examen’’ de l’historiographie africaine de l’esclavage et des traites ‘’met en évidence un paradoxe intéressant : l’importance des traites esclavagistes et de l’esclavage dans l’histoire et l’actualité des sociétés africaines et le silence de la recherche africaine sur cet objet et sa focalisation sur la traite atlantique’’.

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Source : Aps.sn

http://www.e-taalim.com/fr/ressources/livre-commis-contrebalancer-desequilibre-scientifique-recherches-anglophone-francophone.html