Journée d’études : Recherche et formation à l’enseignement : esclavage et racisme

Affiche journée d'études INSPE

Héritages actuels et nouveaux regards transatlantiques sur le passé

Programme

Accueil : à partir de 8 h 30

Temps d’échange formateurs MEEF – étudiants et EFS Master MEEF : 8 h 45 – 9 h 15

Ouverture : 9 h 15 – 9 h 45

Simon Gilbert, vice-président de la Commission Recherche de l’UPEC
Robin Bosdeveix, directeur de l’INSPE de l’académie de Créteil
Marie Chosson, CESSMA
Myriam Cottias, CIRESC

Session du Matin : 9 h 45 – 12 h 15

De l’esclavage à la mort de G. Floyd : construction, usages et circulations des représentations, du racisme et des luttes contre le racisme
Présidente : Myriam Cottias, Directrice de recherche CNRS, CIRESC

La mort de George Floyd a suscité de nombreuses mobilisations de part et d’autre de l’Atlantique, ainsi que des débats et controverses sur le racisme et l’antiracisme aujourd’hui, les analyses des représentations et des pratiques en jeu. Lors de cette matinée, des communications scientifiques croiseront les approches en sciences humaines et sociales à partir d’études de cas documentées, concernant le Canada, les Etats-Unis,  le  Brésil  et  la  France.  Il  s’agira  d’interroger  de  manière  critique  et  lucide  les (més)usages de l’histoire, les catégories d’analyse mobilisées par différents acteurs et les enjeux contemporains de ces questions vives, aussi bien dans les discours diffusés dans  l’espace  public  que dans  les  recherches  en sciences  sociales  et  dans  le   champ   de  l’éducation,  pour  lutter  contre toutes les formes de racisme et de discriminations.

  • 10 h 00 – 10 h 30 : Jean Pierre Le Glaunec, professeur titulaire d’histoire des Etats-Unis et d’histoire des Amériques noires, directeur du département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, Canada
Une arme blanche. La mort de George Floyd et les usages de l’histoire dans le discours néo-conservateur

 A travers cet essai, à la suite des mobilisations qui ont suivi la mort de George Floyd autour du slogan
« Black Lives Matter », de  part  et  d’autre  de  l’Atlantique,  il  s’agit  d’identifier  de  manière  critique les (més)usages de l’histoire dans la construction d’un discours néo-conservateur à finalités politiques. Cette communication soulignera combien les héritages de l’esclavage constituent une réalité toujours actuelle et socialement vive. Soulignant la complexité de cette histoire, avec ses spécificités spatiales et temporelles, en s’appuyant sur la rigueur de la méthode historique, elle ouvrira  la  discussion  sur les enjeux politiques toujours actuels de ces traces d’un passé qui est encore loin d’être passé.

  • 10 h 30 – 11 h 00 : Francine Nyambek Mebenga, maîtresse de conférences en Sciences de l’éducation, LIRTES, UPEC-INSPE de l’académie de Créteil, référente lutte contre le racisme et l’antisémitisme de l’UPEC
Meurtre de George Floyd : réception des mobilisations en France et enjeux de formations.

L’intervention porte sur les mobilisations liées au décès de George Floyd, et les controverses qu’elles ont suscitées en France, pour interroger les enjeux de la formation à l’antiracisme à l’école et/ou l’université. Dans le prolongement des réflexions conduites sur ce sujet, lors du cycle de conférences organisé par la mission lutte contre le racisme et l’antisémitisme de l’UPEC (entre septembre 2020 et mars 2021), nous explorons la manière dont ces controverses interpellent les politiques antiracistes, en général et la prise en charge du racisme dans le champ de l’éducation et de la formation, en particulier. Nous prendrons appui sur un corpus de travaux de recherche, discours politico-médiatiques, textes officiels et curricula scolaires visant à lutter contre le racisme et les discriminations.

  • 11 h 00 – 11 h 30 : Maira Mamede, maîtresse de conférences en Sociologie de l’éducation, CIRCEFT-ESCOL, UPEC-INSPE de l’académie de Créteil,
Mobilisation des catégories raciales dans la recherche sur les inégalités scolaires et les politiques éducatives au Brésil.

Les catégories raciales sont prises en compte dans le recensement démographique brésilien, de même que dans les statistiques éducatives. Elles apparaissent comme fortement corrélées aux catégories sociales et trajectoires scolaires. Leur mobilisation dans la production scientifique et dans la conception de politiques de lutte contre les inégalités scolaires est au cœur du débat public actuel. Dans cette communication nous discuterons les effets sociaux de la production de ces données et de leur inclusion dans les politiques publiques.

  • 11 h 30 – 12 h 15 : Discussion générale

Accueil : à partir de 13 h 30

Temps d’échange entre formateurs et étudiants et EFS Master MEEF : 13 h 30 – 14 h 00

Session de l’après-midi : 14 h 00 – 17 h 30

Travail esclave, résistance et liberté. Parcours de vie : des ressources pour enseigner
Président : Jean Hébrard, EHESS/Mondes américains et Johns Hopkins University

Enseigner l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage, de leurs abolitions et de leurs héritages peut constituer une question sensible et complexe à aborder avec les élèves. Il ne s’agit pas seulement d’une histoire de « flux » massifs et anonymes de « marchandises », participant à une première mondialisation, mais de l’histoire de personnes réduites en esclavage. Il s’agit aussi d’éclairer la genèse et le développement d’un racisme à l’encontre de la couleur de peau servant à justifier un processus d’exploitation. Comment aborder avec les élèves ce passé tragique sans tabou et enseigner cette histoire dans toute sa complexité ? Comment articuler aujourd’hui histoire, mémoires, enjeux civiques à l’école ou dans des espaces de médiation culturelle, pour lutter contre le racisme et pour éduquer en vue d’une société plus respectueuse de toutes et tous et plus juste ?

  • 14 h 15 – 14 h 45 : Jean Pierre Le Glaunec, professeur titulaire d’histoire des Etats-Unis et d’histoire des Amériques noires, directeur du département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, Canada

Esclaves mais résistants. Dans le monde des annonces pour esclaves en fuite. Louisiane, Jamaïque, Caroline du Sud (1801-1815)
A partir de l’ouvrage éponyme, cette communication s’appuiera sur l’analyse  des  annonces  publiées dans des journaux au sujet d’esclaves en fuite, afin de retrouver et de restituer les stratégies des hommes et des femmes réduites en esclavage pour résister à leur situation d’esclaves. Au-delà d’approches qui peuvent être  uniformisantes  et  déshumanisantes,   ou   comptables,   et   qui   pourraient   être seulement « victimaires », cette approche socio-culturelle de sources et de trajectoires de vie permet de renouveler l’histoire de l’esclavage en s’intéressant au point de vue des personnes réduites en esclavage.

  • 14 h 45 – 15 h 15 : Eric Mesnard, CIRESC, ancien formateur en histoire à l’UPEC-INSPE de l’académie de Créteil & Marie-Albane de Suremain, maîtresse de conférences en histoire, CESSMA, UPEC- INSPE de l’académie de Créteil,
Parcours de vie et stratégies de femmes et d’hommes réduits en esclavage : enseigner l’histoire des traites négrières et de l’esclavage à travers les acteurs.

L’ouvrage Enseigner les traites, les esclavages, leurs abolitions et leurs héritages  présente des retours sur expériences à l’école primaire ou dans le secondaire, des analyses des programmes scolaires ainsi que des représentations de la  traite  négrière,  de  l’esclavage  et  de  ses  héritages  dans  l’espace  scolaire et plus largement dans la société. Ces entrées sont abordées à travers des recherches précises sur l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique centrale et les Caraïbes, et l’Europe. La communication soulignera que de la variété des points de vue rassemblés sur cette histoire commune, il ressort notamment que les récits ou les traces de ces vies de femmes et d’hommes réduits en esclavage constituent une ressource précieuse pour enseigner. S’appuyer de manière contextualisée sur l’expérience de ces personnes, l’exploitation de leur travail, mais aussi sur leurs stratégies, leurs aspirations et leurs résistances, replace l’histoire de l’esclavage dans toute sa complexité historique, humaine et sociale. Cette page d’histoire permet aussi d’étayer la construction des enjeux civiques actuels avec les élèves.

  • 15 h 15 – 15 h 45 : Sébastien Ledoux, Centre d’Histoire Sociale des Mondes contemporains, Paris I
Circulations de la traite atlantique et de l’esclavage dans les espaces scolaires : entre histoire, mémoire et EMC.

La communication présente des enseignements de la traite atlantique et de l’esclavage effectués à l’Ecole, en France, à partir de l’observation de pratiques de classe et d’entretiens réalisés avec élèves et enseignants. Ce passé est reformulé selon les milieux sociaux des élèves et les finalités civiques et morales des enseignants, dans le contexte d’une société en prise avec des enjeux mémoriels qui traversent l’espace scolaire.

  • 15 h 45 – 16 h 00 : Pause
  • 16 h 00 – 16 h 30 : Ibrahima Seck, maître de conférences en Histoire, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal
Des voies nouvelles pour enseigner l’histoire de la traite négrière au Sénégal et pour représenter l’esclavage aux Etats-Unis.

Dans cette communication, des pistes seront proposées pour montrer comment l’enseignement de la traite négrière en Afrique de l’Ouest peut ne pas se limiter à la visite du lieu de mémoire que représente l’ile de Gorée, mais aussi mobiliser les ressources locales, pour construire avec les élèves une connaissance plus complète de cette histoire. Aux Etats-Unis, l’exemple du musée de la Whitney Plantation en Louisiane soulignera la richesse de la médiation culturelle et pédagogique pour faire connaître la réalité de l’esclavage et ouvrir à la réflexion sur le passé et ses liens avec le présent.

  • 16 h 30 – 17 h 00 : Sue Peabody, Professeure titulaire de la Chaire Meyer en arts libéraux et histoire à l’université d’Etat du Washington aux Etats-Unis. (en visioconférence).
Les femmes autour de Furcy : esclavage et liberté d’une perspective féminine.

Furcy Madeleine, homme tenu en esclavage à La Réunion et qui a gagné sa liberté, n’aurait jamais réussi sans les efforts de ses proches : sa mère, Madeleine, sa sœur libre, Constance, ses compagnes, et sa femme. Comment les expériences de l’esclavage et de la liberté différaient-elles pour les femmes et les hommes ? La communication montrera comment considérer l’esclavage et la liberté dans une perspective féminine met en lumière le fondement de la société patriarcale.
La communication s’appuiera sur l’ouvrage de S. Peabody, Les enfants de Madeleine. Famille, liberté, secrets et mensonges dans les colonies françaises de l’Océan indien, Paris, Karthala, 2021.

  • 16 h 45 – 17 h 30 : Discussion générale
  • Date de l’événement : 06/10/2021

  • 9 h 15 – 17 h 30

  • Lieu : INSPE de l’académie de Créteil
    Site de Bonneuil-sur-Marne

  • Organisateurs : l’Inspé de l’académie de Créteil,
    le CIRESC (CNRS),
    le CESSMA UMR 245,
    avec le soutien de la Maison de la Recherche et de l’Innovation

  • contact : Marie-Albane de Suremain : marie-albane.desuremain@u-pec.fr

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2021-10-04T11:40:20+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|

Virtual workshop “Digital Humanities on Slavery”

The Bonn Center for Dependency and Slavery Studies hosts the Cluster of Excellence “Beyond Slavery and Freedom”, which aims to overcome the binary opposition of “slavery versus freedom”. We approach the phenomenon of slavery and other types of strong asymmetrical dependency from methodologically and theoretically distinct perspectives.
As part of the activities of the Bonn Center for Dependency and Slavery Studies (BCDSS) of the University of Bonn, in collaboration with the European research program SLAFNET and the Center for Research on Slavery and Indenture Studies (CRSI) of the University of Mauritius, we are organizing a workshop on digital humanities on slavery.
The objective is to make an overview of the databases, websites, digital archives and collections on slavery that have multiplied over the last two decades. The proliferation of digital creations raises challenges, in particular regarding dissemination, navigation and safeguarding of datasets.
It will also be an opportunity to present the various digital projects in progress and possibly to stimulate (institutional, technical and scientifical) collaborations.
Finally, we would like to draw up an inventory of the digital productions on slavery, which will be put online on the BCDSS website, the CRSI website, and the future SLAFNET website.

Organizers

  • Dr. Klara Boyer-Rossol, (CIRESC), BCDSS Fellow,
  • Jan Hörber, Event Coordinator

Le programme complet

Volker Lannnert/University of Bonn

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2021-06-28T15:17:52+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|

Journée d’études « Interroger le “racisme d’État” : regards historiques et contemporains »

Trois sessions proposent d’ouvrir un dialogue sur le rôle de l’État dans la (re)production de discriminations raciales et racistes et d’approfondir la réflexion sur les problématiques soulevées dans un ouvrage paru en juin 2020, intitulé Du racisme d’État en France ? (éd. Les Bords de l’Eau, 2020) et co-écrit par F. Dhume, X. Dunezat, C. Gourdeau, A. Rabaud.
Les débats à propos des diverses expressions « racisme d’État », « racisme institutionnel », « racisme systémique », « politique de la race » ou encore « politique de racialisation » dans la France contemporaine mettent en jeu des rapports très clivés au fait raciste en général et à la manière de travailler sur le racisme. En effet, si l’invalidité scientifique de l’hypothèse dite racialiste – selon laquelle il existerait des « races » humaines au sens biologique – fait consensus, c’est la définition de la race en tant que fait social qui pose problème. Les débats sont également virulents quant à la pertinence académique de travailler avec la catégorie de race et sur certaines dimensions du racisme (intersectionnelles, transversales, institutionnelles, individuelles…), ce qui met en regard des approches polarisées du racisme. Les circulations entre sphères scientifiques et politiques étant nombreuses, le champ militant antiraciste est également divisé entre un « antiracisme officiel » et un antiracisme « politique et postcolonial ».
Nous examinerons, dans un premier temps, les différents modes de circulation de cette expression dans les arènes médiatique, académique et militante afin de comprendre les arguments, mais aussi les impensés du débat. Dans un deuxième temps, nous proposons de réinterroger certaines institutions au prisme de l’hypothèse d’un racisme d’État ‒ la police et les politiques migratoires, qui sont examinées dans le livre ‒ que nous compléterons par la justice et la santé. Enfin, nous reviendrons sur certains régimes historiques, ce qui nous permettra de réfléchir notamment sur la manière de qualifier l’État mais également sur les formes de (dis)continuité entre l’État colonial et les dispositifs institutionnels contemporains.

Programme

  • Vendredi 11 juin, 14h-16h : Les itinéraires d’une catégorie controversée
Introduction : Pauline Vermeren (philosophe, université de Paris)
Fabrice Dhume (sociologue, CRIsIS)
Pauline Picot (sociologue, université de Paris)
Zacharias Zoubir (philosophe, université Paris Nanterre, Sophiapol)
Discutante : Aude Rabaud (sociologue, université de Paris, Urmis)
  • Jeudi 17 juin, 14h-16h : L’hypothèse du « racisme d’État » à l’épreuve du terrain
Rachida Brahim (sociologue)
Jérémie Gauthier (sociologue, université de Strasbourg, Dynamiques Européennes)
Karine Parrot (droit, université de Cergy-Pontoise)
Discutant : Xavier Dunezat (sociologue, CRESPPA/Urmis)
  • Jeudi 24 juin, 14 h – 16h : Perspectives socio-historiques : continuités et discontinuités coloniales
Aurélia Michel (historienne, université de Paris, CESSMA)
Carole Reynaud-Paligot (historienne et sociologue, université Panthéon Sorbonne, Centre d’histoire du XIXe siècle)
Olivier Le Cour Grandmaison (politiste, université Evry-Val d’Essone)
Discutante : Camille Gourdeau (socio-anthropologue, Urmis)

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2021-06-10T15:27:39+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|

The Legacy of Slavery, Transgenerational Trauma, and Collective Healing

Webinar

The UNESCO Slave Route Project and the Guerrand-Hermès Foundation for Peace (GHFP) Research Institute will launch a Research Report that presents the main approaches and practices for addressing the legacy of transatlantic slave trade and slavery. This Report is the result of a collaboration effort involving an international team of researchers and practitioners. It highlights the imperative of embarking on a collective journey of healing from transgenerational trauma.

Intervenants

  • Gabriela Ramos, UNESCO ADG Social and Human Sciences
  • Sharif Istvan Horthy, Chairman, GHFP Research Institute
  • Myriam Cottias, Historian, French National Centre for Scientific Research
  • Joy Degruy, African American author, academic, and public speaker
  • Paul E. Lovejoy FRSC, Distinguished Research Professor, Historian & Canada Research Chair
  • Achille Mbembe, Cameroonian philosopher, political theorist, and public intellectual
  • Walter Mignolo, Semiotician and William Hane Wannamaker Distinguished Professor of Romance Studies
  • Marcus Miller, African American musician and composer
  • Ray Lema, Congolese musician and composer

More informations here

https://events.unesco.org/event?id=4280739450&lang=1033

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2021-05-25T11:03:48+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|

La Newsletter #6 est en ligne !

Publication de la base de données sur les réparations, de la cartographie sur les indemnités, parution de la revue Esclavages & post~esclavages / Slaveries & Post~Slaveries, d’un nouveau volume dans la collection “Esclavages”, et de nombreux articles dans les médias…

En ce mois des mémoires marqué par les 20 ans de la loi Taubira, le CIRESC revient sur les productions scientifiques récentes et a sélectionné différents focus sur la thématique de l’esclavage et des réparations.

Bonne lecture !

2021-05-20T17:14:27+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|

Journée d’études “États, empires, migrations”

Le Groupe de recherche sur les groupes coloniaux (GROC) organise deux journées d’études sur la thématique “États, empires, migrations” :

19-20 mai 2021, en distanciel

Ces journées ayant lieu en ligne, prière de vous inscrire au préalable en contactant je.groc.eem@gmail.com

Comité d’organisation

Vincent Bollenot (doctorant, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Aliénor Cadiot (doctorante, École des Hautes Études en Sciences Sociales)
David Leconte (doctorant, Université Le Havre-Normandie et École normale supérieure de Lyon)
Sara Legrandjacques (doctorante, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Baptiste Mollard (doctorant, Université Versailles-St Quentin en Yvelines)
Hugo Mulonnière (doctorant, Université Paris 10 Nanterre)

Retrouvez le programme complet ici

Le carnet Hypotheses du GROC

Illustration de couverture : Archives nationales d’Outre-mer, Compagnie Paquet, 1930, FR ANOM 0009Fi674.

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2021-04-30T13:52:20+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|

Hommage à Hubert Gerbeau, historien de l’esclavage à La Réunion

C’est un historien généreux, ouvert et engagé qui nous a quittés le samedi 3 avril 2021.

Hubert Gerbeau, historien, spécialiste de l’histoire de La Réunion, a véritablement ouvert le champ de recherches sur l’esclavage.

Après un séjour au Mali (alors dénommé le Soudan français) entre 1957 et 1958, et la réussite de l’agrégation d’histoire, il part en Martinique comme enseignant au lycée Schoelcher de Fort-de-France et y crée le Centre d’études régionales Antilles-Guyane avant que de s’installer à La Réunion où il enseigne à l’université de 1968 à 1980. Il revient alors à l’université d’Aix-Marseille III et travaille au Centre d’études et de recherches sur les sociétés de l’océan Indien (CERSOI).

Sa thèse de doctorat d’État est intitulée « L’esclavage et son ombre aux XIXe et XXe siècles », un sujet si mal connu alors, en cinq tomes (1 500 pages). Elle est soutenue à l’université d’Aix en Provence, le 19 mai 2005. Hubert Gerbeau obtient, la même année, le prix de thèse décerné pour la première fois par le Comité pour la mémoire de l’esclavage. Ce travail qui est une somme historiographique a été précédé de travaux importants, notamment un livre réédité plusieurs fois : Les esclaves noirs, pour une histoire du silence (1970, 1998, réédité en 2013 aux Indes Savantes) mais aussi, entre autres, un essai sur Martin Luther King (éditions universitaires, 1969, réédité en 2008 aux Indes Savantes).

La transmission de l’histoire était un souci majeur pour lui et il a participé tant à la Route de l’esclave de l’Unesco qu’à la création du musée historique de Villèle à La Réunion et au portail numérique « Histoire et mémoires de l’esclavage à la Réunion » (https://www.portail-esclavage-reunion.fr/documentaires/memoire-de-l-esclavage/memoires/lieux-de-memoire/).

À l’important travail d’historien d’Hubert Gerbeau s’ajoutaient des talents de romanciers. L’esclavage, ses expériences en Afrique, ont donné la matière à des romans : Noc (éditions Le Bretteur, 2004) ; Lia : d’un paradis à l’autre (les Indes Savantes, 2006) ; Swèdjana-le fou d’Afrique sous le pseudonyme d’Hubert G. David (Flammarion, 1980), entre autres. Il est aussi auteur de poèmes dont Nostalgies de couleurs (Océan Editions, 1990) et conteur avec Le voyageur (La Corne de Brume, 2003).

Le CIRESC lui rend ici un hommage sincère et présente ses condoléances à ses enfants et petits-enfants.

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2021-04-08T17:36:44+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|

Un nouveau compte rendu des “Marrons de la mer” est paru !

Paru dans Acalabash

Andy Caul revient sur Les Marrons de la mer, l’une des dernières parutions de la collection Esclavages Documents. L’ouvrage de Georges B. Mauvois a été publié à titre posthume, avec une préface de Richard Chateau-Degat.

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2021-04-09T15:56:22+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|

In Memoriam : Pier Larson

Pier Larson

Pier M. Larson est né à Paris en 1961. Fils d’enseignants et missionnaires américains, il a passé son enfance dans le sud-est de Madagascar. Il s’est rendu aux États-Unis au début des années 1980 pour suivre une formation universitaire. Il a obtenu une licence d’histoire à l’université du Minnesota en 1985, et un doctorat en histoire africaine à l’université du Wisconsin-Madison en 1992. Pier Larson a fait une brillante carrière d’enseignant et de chercheur. Il a intégré en 1998 l’université John Hopkins de Baltimore, dans le Maryland, en tant que professeur assistant. Il a été nommé en 2003 professeur associé, puis professeur en 2008. Il a également été professeur invité à l’Institut d’études politiques de Madagascar, à Antananarivo, et directeur du programme d’études internationales de l’École Krieger en 2013-2014.

Pier Larson était un historien de l’Afrique, spécialisé sur l’Afrique orientale et australe, l’empire français de l’océan Indien et les îles de l’océan Indien occidental. Ses recherches se sont concentrées sur Madagascar et ses îles voisines, avec un intérêt particulier pour l’histoire sociale, culturelle et intellectuelle depuis le début de l’époque moderne jusqu’au milieu du xixe siècle. Il a écrit plusieurs ouvrages de référence et de nombreux articles sur l’esclavage, les traites des esclaves, la diaspora africaine en général, et la diaspora malgache en particulier. Il a contribué à de nombreuses revues scientifiques, parmi lesquelles Slavery and Abolition, William and Mary Quarterly, American Historical Review, Journal of Southern African Studies et International Journal of African Historical Studies.

Éminent spécialiste de Madagascar, Pier Larson s’est distingué par une connaissance exceptionnelle des archives royales malgaches. Son expertise était fondée sur une recherche approfondie dans des archives disséminées à travers l’Europe, l’Afrique et les îles du sud-ouest de l’océan Indien. Parlant lui-même couramment le malgache, le français et l’anglais, il a aussi réalisé de nombreuses interviews au cours de ses séjours à la Grande Île. Ses travaux ont constitué un apport majeur à l’historiographie de l’esclavage de ces trois dernières décennies à Madagascar. Pier Larson a ainsi contribué aux ouvrages L’Esclavage à Madagascar. Aspects historiques et résurgences contemporaines, édité par Ignace Rakoto et publié en 1997 par l’Institut de civilisations, musée d’Art et d’Archéologie (Antananarivo, Madagascar), et La route des esclaves. Système servile et traite dans l’est malgache, édité par Ignace Rakoto et Eugène Mangalaza, et publié en 2001 chez L’Harmattan (Paris, France).

Son premier livre, History and Memory in the Age of Enslavement: Becoming Merina in Highland Madagascar, 1770–1822, publié en 2000 chez Heinemann (Portsmouth, NH), examinait l’impact de la traite des esclaves externe sur la politique, l’économie et la culture de la société des Hautes-Terres centrales de Madagascar à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. En s’intéressant aux personnes qui ont été laissées derrière, l’auteur abordait des sujets tels que les origines de la traite des esclaves, et la façon dont celle-ci a influencé les cultures et les identités locales et a globalement transformé la vie quotidienne des Malgaches des Hautes-Terres.

Pier Larson a aussi examiné les dynamiques de la diaspora malgache dans les sociétés importatrices d’esclaves, comme à l’île Maurice. Son livre Ratsitatanina’s Gift: A Tale of Malagasy Ancestors and Language in Mauritius, paru en 2009 aux Presses de l’université de Maurice, a été le premier livre publié par le Centre de recherches sur l’esclavage et l’engagisme (CRSI) de l’université de Maurice.

L’ouvrage qui a sans doute fait la grande renommée de Pier Larson est le fameux Ocean of Letters: Language and Creolization in an Indian Ocean Diaspora : publié chez Cambridge University Press en 2009, il a reçu le prix Wesley-Logan 2010 du livre sur l’Histoire de la diaspora africaine de l’American Historical Association, et a été finaliste du prix 2010 du livre Melville Herskovits 2010 de l’African Studies Association des États-Unis. Cette étude approfondie de la diaspora malgache dans les îles du sud-ouest de l’océan Indien ainsi que le long de la côte orientale de l’Afrique du XVIIe au XIXe siècle, a ouvert de nouvelles perspectives sur la complexité culturelle et linguistique du sud-ouest de l’océan Indien.

Dans cet ouvrage, Pier Larson présentait une étude sur l’impérialisme et la créolisation au sein de la diaspora de langue malgache, qui apparaissait au début de la période moderne comme la plus grande diaspora africaine de l’océan Indien. L’ouvrage jetait un nouvel éclairage sur les rôles de l’esclavage, de l’émancipation, des voyages océaniques, des missions chrétiennes et de la linguistique coloniale dans l’alphabétisation en langue malgache à travers les îles de l’océan Indien occidental. L’auteur y explorait la façon dont des Malgaches esclaves et libres, ainsi que certains colons et missionnaires européens, ont promu la langue malgache : il s’intéressait ainsi aux projets d’alphabétisation et à la rédaction de lettres dans les sociétés coloniales multilingues du sud-ouest de l’océan Indien, entre le XVIIe et le milieu du XIXe siècle.

Pier Larson était en train de travailler sur plusieurs projets de livres. L’un était une histoire de l’alphabétisation et du pouvoir dans les Hautes-Terres de Madagascar entre 1820 et 1860, qui explorait les archives des missionnaires et les archives du royaume de Madagascar. Un autre projet était la biographie d’une famille métisse d’origine libre installée en île de France (Maurice). Il abordait ainsi, à travers l’expérience d’une famille, l’histoire de l’empire français de l’océan Indien entre 1750 et 1850. Il était surtout en train de concevoir une grande œuvre autour de la première colonisation française de Madagascar à Fort-Dauphin au XVIIe siècle.

Pier Larson est mort le samedi 25 juillet 2020. Il avait 58 ans. Il laisse dans le deuil sa femme, Michelle Boardman, et son fils, Anthony Larson. Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses amis, à ses collègues et à ses étudiants.

Pier Larson était un grand historien, un humaniste, qui partageait l’amour de son métier. Il rappelait qu’il y avait de l’Histoire dans la Mémoire, et de la Mémoire dans l’Histoire. Nous suivrons le chemin qu’il a tracé, entre différents continents et îles. Pier a rejoint les razana (« ancêtres »). Nous garderons son souvenir.

Klara Boyer-Rossol
Docteure en histoire de l’Afrique
Centre international de recherches sur les esclavages & post-esclavages (CIRESC)

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2020-07-31T11:43:46+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|

Webinaire “Health – The Hidden Violence of the Race”

Webinaire

Opening Ceremony

4.00 – 4.10 pm

Speech by:

  • Firmin Edouard Matoko, Assistant Director-General for Priority Africa and External Relations, UNESCO
  • Dr. Ramiz Alakbarov, Assistant Secretary-General and Deputy Executive Director, UNFPA

Message from Artists

4.10 – 4.20  

  • Video Message by Marcus Miller
  • Musical Moment by Anjali Strange Fruit

Keynote Speakers

4.20 – 5.50     

“Racism and Health: Historical perspective from Slavery”
Prof. Myriam Cottias, Historian, Director of research at the CNRS, former President of the French Committee for the Memory and the History of Slavery

“Race and Health in US in the context of Covid19: Epidemiological and Political perspectives”
Prof. Nancy Krieger, Epidemiologist, Social and Behavioral Sciences, Harvard T.H. Chan School Of Public Health

“Racism, Vulnerability, and Refuting Black Pathology”
Prof. Ruha Benjamin, Sociologist, African American Studies at Princeton University

“The impact of COVID-19 on vulnerable women in the Caribbean”
Prof. Opal Palmer Adisa, Gender Specialist, Director of The Institute for Gender and Development Studies, University of the West Indies

“Risk and Disease: Black Bodies, Inequality, and Epidemics in Latin American and Caribbean History”
Prof. Pablo Gomez, Historian, History of Medicine, University of Wisconsin, Madison

“Covid19 in the favelas, a geography of race in Brazil”
Dr. Jurema Wermeck, Director Amnesty international Brazil

“Race and social distribution of health in the Indian Ocean”
Prof. Rose Boswell, Anthropologist, Nelson Mandela University

Closing remarks

5.50 – 6.00 pm

Speech by representative of UNESCO

Closing Music

Musical Moment: Tribute to the victims of the Covid19 by Anjali
Amazing Grace

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2020-07-22T16:41:05+02:00Catégories : VIE SCIENTIFIQUE|
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