Esclavage et liberté dans le Brésil du XIXe siècle

Un ouvrage d’Hebe Mattos, traduit par Anaïs Fléchet

Faire silence sur la couleur de la peau, sur les origines serviles des habitants alors que la majorité de la population libre descendait d’esclaves, était l’idéal affiché au Brésil nouvellement indépendant du Portugal en 1822. Pourtant, ce livre, prix des Archives nationales brésiliennes en 1993, et pionnier dans la recherche sur la construction juridique et sociale des catégories de couleur, démontre tout le contraire. La question raciale est demeurée au cœur de la société brésilienne. Le silence autour de l’esclavage a de fait contribué à la racialisation et au renforcement du racisme.
Ce livre est d’une brûlante actualité car la mémoire de l’esclavage a nourri au Brésil des demandes de droits spécifiques, des politiques publiques de discrimination positive et de réparation, mais aussi d’intenses polémiques au cours des deux dernières décennies : quels enseignements pouvons-nous en tirer aussi bien en matière épistémologique que politique ? La mémoire de l’esclavage résiste-t-elle au politique ou s’en joue-t-elle ?

Hebe Mattos est professeure d’histoire à l’université fédérale de Juiz de Fora (UFJF) et à l’université fédérale Fluminense (UFF) au Brésil, et directrice du projet « Passés Présents : mémoires de l’esclavage au Brésil » mené par le Laboratoire d’histoire orale et image (LABHOI, UFF / UFJF). Elle est aussi membre associé au Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages (CIRESC).
Anaïs Fléchet est maître de conférences à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et directrice adjointe du Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines.

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Couverture Les couleurs du silence